Tour de France 2026

Trois semaines au service de la performance, avec le Team TotalEnergies.

Assiette de poisson, riz et légumes servie aux coureurs du Team TotalEnergies sur le Tour de France
Juillet 2026

Un mois d'intensité totale

Le Tour de France a été la plus grosse expérience de ces cinq mois. Un mois d'engagement complet, avec des journées de travail très longues et une exigence permanente.

Mon rôle principal était la cuisine. Les menus étaient établis en amont, étape par étape, puis ajustés au jour le jour en fonction de ce que la course imposait.

Le défi

Le vrai défi : nourrir des dépenses que l'appétit ne suit pas

Sur un grand tour, les coureurs dépensent de l'ordre de 6 000 à 8 000 kcal par jour. Le problème n'est pas de connaître ce chiffre, c'est de le faire passer dans une assiette.

Parce que l'appétit, lui, ne suit pas. Il n'est absolument pas proportionnel à la dépense. C'est le décalage central de la nutrition en course par étapes : il faut apporter énormément d'énergie à des athlètes qui, précisément, n'ont pas faim.

La réponse

Densifier sans alourdir l'assiette

La réponse a été structurelle. Chaque repas était composé d'une entrée, d'un plat et d'un dessert, et chacun de ces trois temps était pensé pour sa densité glucidique.

L'intérêt est direct : une entrée et un dessert riches en glucides permettent de limiter la quantité de féculents dans l'assiette principale. Le coureur reçoit la même quantité d'énergie, mais avec un volume à avaler qui reste raisonnable. C'est toute la différence entre un menu qui couvre les besoins sur le papier et un menu réellement mangeable au vingtième jour de course.

Troisième semaine

La troisième semaine, quand l'appétit s'effondre

En fin de Tour, la fatigue s'accumule et l'appétit chute fortement. C'est le moment où le travail change de nature.

Il devient essentiel de soigner la présentation : un plat qui donne envie visuellement passe là où le même plat mal présenté sera repoussé. Il faut aussi discuter, négocier, trouver des stratégies coureur par coureur pour qu'ils continuent à couvrir leurs besoins jusqu'à Paris.

À ce stade de la course, la réussite d'un repas ne se juge plus sur sa composition. Elle se juge sur ce qui a réellement été mangé.

Banana bread maison aux amandes préparé pour les coureurs pendant le Tour de France
Banana bread maison, préparé en montagne pendant le Tour.
Suivi

Le suivi du poids, jour après jour

Sur le Tour comme sur l'ensemble des compétitions, le poids des coureurs était suivi quotidiennement. L'objectif principal était de maintenir un poids stable : éviter qu'ils en prennent, et surtout qu'ils n'en perdent pas.

Les apports en glucides étaient ajustés repas par repas, au petit déjeuner comme au dîner, en croisant deux données : l'évolution du poids du coureur, et les dépenses réelles calculées à partir du profil de l'étape du jour.

Bilan

Ce que j'en retire

Le Tour de France m'a appris qu'un plan nutritionnel ne vaut que par ce que l'athlète en fait. La théorie donne la cible, le terrain impose de trouver comment l'atteindre, avec la fatigue, la lassitude et les goûts de chacun.

C'est exactement ce que je cherche à reproduire dans mes suivis individuels. Je m'appuie évidemment sur la théorie et sur les données scientifiques, mais je garde toujours l'aspect pratique au premier plan : les contraintes réelles de l'athlète, son quotidien, son emploi du temps, ses goûts, ce qu'il est capable de tenir dans la durée.

Savoir adapter la théorie aux situations réelles, c'est ce qui fait la différence entre un plan qui existe sur le papier et un plan qui est réellement appliqué.

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